05/03/2018 – Publié dans Sud Ouest

Oenocar : pour le covoiturage du vin

Profiter du trajet d'automobilistes pour acheminer des commandes de vins, c'est l'idée d'une société sortie de l'incubateur de la technopole Montesquieu.

PIERRE LASCOURRÈGES
p.lascourreges@sudouestfr

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Le modèle s'inspire de Blablacar. Mais là où on a l'habitude de mettre en relation des conducteurs qui proposent des places libres à des passagers pour effectuer un trajet, Oenocar apporte une solution pour développer la vente directe du vin des propriétés en s'appuyant sur des automobilistes qui acceptent de transporter les bouteilles.

Et voilà comment est né le concept de covoiturage du vin. Une première en France. On doit cette généreuse idée à Daniela Da Silva, chef de projet et fondatrice d'une jeune entreprise sortie de l'incubateur de la technopole Montesquieu, à Martillac. Tout prés des vignes des appellations Pessac-Léognan et Graves.

Gagnant-gagnant

Le projet consiste à proposer une plateforme collaborative destinée à développer la vente directe. Il s'inspire du modèle de covoiturage pour mettre en relation producteurs et consommateurs par l'intermédiaire de transporteurs particuliers. Dans cette affaire, tout le monde doit y trouver son compte.« Le vigneron inscrit ses produits en ligne. C'est un moyen d'augmenter ses ventes directes et de compléter ses tournées pour livrer de nouveaux clients. Le conducteur peut bénéficier d'avantages en gratuité ou en dédommagement de ses frais de déplacement Et au milieu, l'amateur éclairé se fait rapporter du vin de propriété directement à son domicile en profitant des trajets des oenoconducteurs », explique Daniela Da Silva qui a lancé son site en ligne au mois de février, avec un système de paiement sécurisé.

La marchandise est suivie et les opérateurs doivent se déclarer sous un identifiant codé. Une initiative résolument originale qui a déjà permis à son auteure de se voir remettre le premier prix Food tech ex-aequo par Terralia. Et elle doit intervenir début mars pour présenter son projet devant les étudiants de l'école de commerce Escen à Bordeaux, dans le cadre des Sprints de Hackaton. Il faut dire que les premiers résultats sont assez encouragea., quand on sait que les chàteaux de Léognan, Lagarosse, Saincrit ainsi que plusieurs producteurs de Champagne, d'Alsace ou encore de la vallée du Rhône sont inscrits sur la plateforme d'échanges, lui conférant ainsi une portée nationale.

Le bon coup de pouce

Daniela Da Silva travaille dans la filière viticole depuis une vingtaine d'années. Avant de s'installer à son compte comme chef d'entreprise et développeur sous statut de Socité par action simplifiée (SAS).

Elle a commencé par suivre les process de certification en cave coopérative, avant de se consacrer au négoce puis de créer sa société de conseil spécialisée dans la démarche environnementale collective.

Elle franchit aujourd'hui une nouvelle étape en proposant de développer le canal numérique au service de la commercialisation Quand j'ai eu l'idée de lancer mon projet, j'ai commencé par en parler à mon entourage qui m'a encouragée à poursuivre. Mais c'est au sein de l'incubateur de la technopole que j'ai pu bénéficier des soutiens et conseils en faisant appel à des prestataires pour m'aider dans le montage des dossiers financier et de soutien juridique ». On veut croire à un joli succès d'Oenocar.

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